Longtemps perçue comme contraire à l’éthique médicale, la communication reste un sujet délicat pour de nombreux praticiens. Pourtant, à l’ère du numérique et face à une concurrence accrue, ignorer sa visibilité en ligne peut être un frein au développement d’un cabinet. Entre réticences héritées du passé et nouvelles attentes des patients, où en est réellement la communication médicale aujourd’hui ?
Historiquement, la profession médicale s’est toujours méfiée des pratiques assimilées à de la publicité. En France, l’Ordre des Médecins a longtemps encadré de manière stricte toute forme de promotion individuelle, considérant qu’un bon praticien n’avait pas à se “vendre”. La réputation et le bouche-à-oreille suffisaient.
Les textes réglementaires interdisaient toute publicité et limitaient les moyens d’expression des médecins à des publications scientifiques ou des supports institutionnels. L’objectif était clair : éviter une dérive commerciale du métier et garantir une égalité entre les praticiens.
Mais avec l’essor d’Internet et des réseaux sociaux, les règles du jeu ont changé.
Royaume-Uni : Contrairement à la France, les médecins britanniques ont depuis longtemps la possibilité de communiquer librement sur leurs services, tant que les informations sont véridiques et basées sur des preuves scientifiques. Le General Medical Council (GMC) impose cependant des règles strictes pour éviter toute publicité trompeuse.
Allemagne : La communication médicale est plus encadrée qu’au Royaume-Uni, mais moins restrictive qu’en France. La publicité comparative et les messages trop promotionnels sont interdits, mais les praticiens peuvent détailler leurs compétences et traitements sur leurs sites et réseaux sociaux.
Espagne : Depuis plusieurs années, les médecins espagnols ont l’autorisation de promouvoir leurs services via Internet et les réseaux sociaux. Toutefois, ils doivent respecter des principes de transparence et d’éthique, et ne pas induire les patients en erreur sur les résultats des traitements.
Italie : Le Conseil national des médecins interdit toujours la publicité mensongère ou agressive, mais autorise la communication informative sur les traitements, les diplômes et l’expérience des praticiens. Les avis de patients et les promotions commerciales sont en revanche interdits.
Belgique : Jusqu’en 2018, la communication des médecins était extrêmement limitée. Depuis, de nouvelles lois autorisent une communication plus libre, à condition qu’elle soit factuelle et non commerciale. La publicité reste interdite, mais la diffusion d’informations pédagogiques est encouragée.
Et dans le reste du monde ?
Si l’Europe a longtemps freiné la communication médicale, certains pays sont bien plus avant-gardistes en la matière.
États-Unis : Ici, la médecine est un véritable marché, et la communication est totalement intégrée à la stratégie des praticiens. Les médecins américains utilisent largement Instagram, TikTok et YouTube pour montrer leurs résultats, expliquer leurs traitements et même partager des témoignages patients. Les campagnes publicitaires sont autorisées, tant qu’elles respectent les règles de la Federal Trade Commission (FTC) et de l’American Medical Association (AMA).
Brésil : Avec l’essor de la chirurgie esthétique, la communication des médecins y est très développée. Les chirurgiens plasticiens brésiliens sont parmi les plus actifs sur les réseaux sociaux, partageant photos avant/après, conseils et tendances esthétiques.
Corée du Sud : Véritable capitale mondiale de la médecine esthétique et de la chirurgie plastique, la Corée du Sud est un exemple d’ultra-communication dans le domaine. Les cliniques investissent massivement dans le digital et les publicités, et il est courant de voir des campagnes de marketing médical dans les rues et les transports en commun.
Dubaï : Dans cette région où le luxe et l’innovation dominent, les médecins esthétiques adoptent une approche résolument moderne de la communication, mêlant contenus premium, collaborations avec des influenceurs et expériences patient mises en avant sur les réseaux.
Si certains pays ont opté pour une approche plus commerciale, la France et l’Europe se positionnent aujourd’hui entre rigueur éthique et ouverture progressive à la communication digitale. L’enjeu ? Trouver l’équilibre entre transparence, éducation des patients et respect de la déontologie.
Aujourd’hui, 86 % des patients recherchent un médecin en ligne avant de prendre rendez-vous. Ce chiffre, issu des récentes études sur les habitudes des patients, souligne une transformation majeure : le digital est devenu un passage obligatoire dans le parcours de soins.
Google est le premier réflexe : 77 % des recherches santé commencent par un moteur de recherche, et 70 % des patients lisent au moins trois avis avant de choisir un praticien. Doctolib, Google My Business et les réseaux sociaux sont devenus des vitrines incontournables.
La confiance se joue désormais en amont de la consultation. 72 % des patients déclarent que l’image en ligne d’un médecin influence leur choix, avant même de l’avoir rencontré. Un site bien conçu, des réseaux sociaux actifs et des avis patients rassurants jouent un rôle clé.
Ne pas être présent sur le web, c’est laisser place au doute. Un praticien difficile à trouver en ligne peut être perçu comme moins moderne, moins accessible ou même moins fiable. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les compétences médicales qui comptent, mais aussi la manière dont elles sont perçues par le patient.
Face à ces nouvelles attentes, ignorer sa visibilité digitale, c’est risquer d’être éclipsé par des confrères mieux référencés et plus engageants en ligne.
La communication médicale est encore encadrée, mais les règles ont évolué. En 2020, une décision du Conseil d’État a autorisé les médecins à communiquer plus librement, tant que l’information reste claire, loyale et non trompeuse.
Ce qui reste interdit :
• Toute publicité mensongère ou exagérée.
• Les incitations commerciales agressives.
• La mise en avant de promotions ou d’offres spéciales.
Ce qui est désormais autorisé :
• Informer les patients sur les traitements proposés.
• Partager des contenus pédagogiques sur son site ou ses réseaux sociaux.
• Mettre en avant son expertise à travers des articles, vidéos ou témoignages patients.
Autrement dit, communiquer, oui, mais avec éthique et pédagogie.
Ne pas communiquer aujourd’hui, c’est laisser les autres le faire à votre place. Des informations erronées peuvent circuler sur votre cabinet, et les avis en ligne peuvent façonner votre image sans que vous n’ayez de contrôle dessus.
Une communication bien pensée permet de :
• Clarifier votre expertise et vos spécialités.
• Apporter des informations fiables aux patients.
• Contrôler votre image et votre réputation.
• Fidéliser votre patientèle et instaurer une relation de confiance.
Les médecins , chirurgiens et spécialistes en médecine anti-âge l’ont bien compris. Beaucoup utilisent les réseaux sociaux pour éduquer et rassurer leurs patients sur les traitements proposés, tout en maîtrisant leur positionnement. Aujourd’hui, être visible en ligne ne relève plus d’un choix, mais d’une nécessité pour s’adapter aux nouvelles attentes des patients.
Non, la communication médicale n’est plus un tabou. Elle est devenue un outil pour informer, éduquer et rassurer les patients. Dans un monde où l’information circule en continu, mieux vaut prendre en main son image plutôt que de laisser le hasard décider.
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